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La crise mondiale du crédit : que s'est-il passé?
La crise mondiale du crédit : réactions et réalité
 

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La crise mondiale du crédit : que s'est-il passé?

Octobre 2008

Les marchés financiers ont traversé bien des tempêtes au cours de leur histoire. Au fil des derniers mois, la situation concernant la volatilité des marchés financiers à l'échelle du globe a pris de l'ampleur et gagné en complexité. Les nouvelles boursières et économiques semblent défrayer la manchette plus que tout autre événement national ou international, alors que les investisseurs sont bombardés par des informations faisant état de la volatilité des marchés boursiers.

Il y a un an, peu de gens avaient entendu parler de la «crise du crédit». Or cette expression fait désormais partie de la langue courante et figure même dans certains dictionnaires. Le site Investopedia.com la définit d'ailleurs comme étant une condition économique où il est difficile d'obtenir du capital-investissement. De nombreux investisseurs canadiens cherchent à comprendre d'où vient cette crise et quelle pourrait être son incidence sur leurs placements. Cet article présente les principaux éléments qui ont provoqué, puis amplifié cette crise du crédit. Dans un autre article intitulé «La crise mondiale du crédit : Réactions et réalité» nous examinons l'écart qui existe parfois entre les réactions des investisseurs face à la volatilité des marchés et la réalité concernant leur portefeuille.

La crise du crédit a débuté au mois d'août 2007, lorsque les mauvaises nouvelles rapportées par une banque française, BNP Paribas, ont provoqué une hausse marquée des coûts du crédit et permis au monde financier de réaliser à quel point la situation était grave. L'origine du problème remonte toutefois bien avant cette date et elle est liée au secteur des prêts hypothécaires à risque aux États-Unis, alors que les banques ont consenti des prêts à risques élevés à des gens dont l'historique de crédit était insuffisant.

  • Les taux d'intérêt ont été progressivement abaissés aux États-Unis dans le but de minimiser les effets de l'éclatement de la «bulle des technos» en l'an 2000. Ces diminutions de taux ont rendu les prêts hypothécaires plus abordables, ce qui a favorisé la croissance du marché immobilier et entraîné la hausse des prix des habitations.

  • À mesure que la demande pour les prêts hypothécaires augmentait, leur qualité se dégradait. Les sociétés hypothécaires vendaient leurs prêts aux banques, qui à leur tour les regroupaient et les revendaient à d'autres institutions financières partout dans le monde sous forme de titres adossés à des créances hypothécaires. Ceux-ci constituent des obligations garanties par les versements hypothécaires des propriétaires.

  • Par la suite, entre 2004 et 2006, alors que les taux hypothécaires ont progressé de 1 % à 5,35 %, le marché immobilier a commencé à s'effriter, ce qui a donné lieu à une diminution de la valeur des propriétés et à une augmentation des défauts de paiement hypothécaire, particulièrement dans le cas des prêts à haut risque, laissant par le fait même les titres adossés à des créances hypothécaires sans valeur.

  • Rendu à la moitié de 2007, le problème des prêts hypothécaires à haut risque avait commencé à faire tache d'huile, alors que les institutions financières qui avaient investi dans les titres adossés à des créances hypothécaires essuyaient des pertes et se montraient peu enclines à augmenter leur mise dans ce type de créances. Les marchés du crédit se sont engourdis lorsque les banques sont devenues réticentes à se prêter entre elles, ne sachant pas dans quel état se trouvaient les portefeuilles de prêts de leurs concurrents.

  • En août 2007, la Réserve fédérale américaine et la Banque centrale européenne ont tenté de soutenir les marchés monétaires en mettant des fonds à la disposition des banques afin d'assouplir les conditions de crédit. En outre une réduction des taux d'intérêt a été décrétée dans le but de faciliter les prêts. Cette mesure à court terme n'a cependant pas résolu la crise des liquidités, les banques ayant continué de faire preuve de prudence en matière de crédit interbancaire. Le manque de crédit entre banques, aux entreprises et aux particuliers a laissé planer la menace d'une récession, de pertes d'emploi, de faillites, de reprises de finances et d'une hausse du coût de la vie.

  • En septembre 2007, la banque Northen Rock, du Royaume-Uni, a demandé un prêt d'urgence auprès du gouvernement afin de se maintenir à flot, ce qui a semé la panique. La banque a par la suite été nationalisée.

  • Pour le reste de 2007 et en 2008, plusieurs grandes banques d'investissement aux États-Unis et ailleurs dans le monde, dont USB, Citigroup et Merrill Lynch, ont annoncé des pertes et des radiations d'actifs importantes en liens avec les investissements à haut risque.

  • En mars 2008, les difficultés de la cinquième banque américaine en importance, Bear Stearns, a provoqué une crise de confiance dans l'ensemble du secteur financier et sonné la fin des banques d'investissement. Bear Stearns a été acquise par sa rivale, JP Morgan Chase, pour 240 M$, la banque centrale ayant garanti les actifs de Stearns jusqu'à concurrence de 30 milliards de dollars. Un an auparavant, la valeur de Bear Stearns s'élevait à environ 9 milliards de dollars.

  • Au cours de l'été 2008, un grand nombre de banques d'investissement américaines, ainsi que des organismes parrainés par le gouvernement ont commencé à accumuler des pertes et à éprouver de graves difficultés financières ou à faire faillite. La Réserve fédérale américaine, le Trésor américain et d'autres banques sont venues à la rescousse de grandes institutions financières telles que Freddie Mac, Fannie Mae, Lehman Brothers, Merrill Lynch, AIG et Wachovia.

  • Outre mer, et particulièrement au Royaume-Uni et dans d'autres pays du continent européen, on assiste de plus en plus à la consolidation, à la recapitalisation ou à la nationalisation de plusieurs grandes banques ou institutions financières. Partout dans le monde, de plus en plus de gouvernements assurent la garantie d'épargnes personnelles.

  • Au début d'octobre 2008, dans un effort d'apporter une solution à long terme à cette crise du crédit, le gouvernement américain a fait adopter plan de sauvetage de 700 milliards de dollars visant à raviver la confiance et à stabiliser les marchés financiers mondiaux et abordant un certain nombre de problèmes liés à la crise du crédit. Le plan prévoit surtout le rachat par le gouvernement des créances douteuses des sociétés de Wall Street en échange d'une prise de participation. Le gouvernement espère être en mesure de vendre ces actifs lorsque le marché immobilier se sera stabilisé. Bon nombre de pays ont annoncé des mesures semblables afin de venir en aide au secteur bancaire.

  • Au cours des dernières semaines, de nombreuses institutions supranationales, comme le G7, le Groupe des 20, la Banque mondiale, le Fonds monétaire international (FMI) et l'Union européenne, ont adopté des mesures qui faciliteront les efforts coordonnés entre les pays pour parvenir à dénouer la crise. Par exemple, le 8 octobre dernier, la Réserve fédérale américaine, la Banque centrale européenne, la Banque d'Angleterre ainsi que les banques centrales du Canada, de la Suède et de la Suisse ont toutes décrété une réduction d'urgence des taux d'intérêt.

C'est le moment idéal de faire appel à un professionnel de confiance pour examiner votre plan de placement et votre portefeuille. Pour obtenir un deuxième avis dès aujourd'hui, veuillez communiquer avec votre conseiller Scotia ou visitez notre centre d'information Deuxième avis.



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