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Le marché boursier prend son envol

Présentateur : Bienvenue à la série de balados Le clip financier présentés par le bulletin MonCoffre, le guide électronique de la Banque Scotia conçu pour aider les Canadiens à aller de l'avant financièrement. Prenez connaissance de la transcription de nos balados pour mieux comprendre vos finances personnelles et découvrir comment quelques petits changements dans votre manière de gérer votre argent pourrait faire toute la différence.

Michael Seaton : Merci de vous joindre à nous pour notre série de balados Le clip financier présentés par la Banque Scotia. Je suis Michael Seaton, rédacteur en chef du bulletin MonCoffre, qui propose aux Canadiens d'approfondir leurs connaissances en matière de finances personnelles. Aujourd'hui, j'ai le plaisir de retrouver Monsieur Fred Ketchen, directeur des opérations sur actions chez ScotiaMcLeod, avec qui nous poursuivrons notre exploration des marchés boursiers. Ce balado est le dernier d'une série de trois épisodes. Nous discuterons aujourd'hui de la place du marché boursier dans notre société et des faits saillants dans son histoire. Avant de commencer, j'invite les auditeurs à nous faire part de leurs commentaires. Bienvenue, Fred, et merci de vous joindre à nous de nouveau.

Fred, on dit que nos finances ont une influence sur pratiquement tout ce que nous faisons, et tout ce que nous faisons influence nos finances. Les médias accordent beaucoup d'importance aux fluctuations des marchés boursiers. C'est un sujet d'actualité grand public. Quand, selon-vous, les marchés boursiers ont-ils véritablement pris de l'essor?

Fred Ketchen : J'estime que les marchés boursiers ont mis beaucoup de temps à atteindre leur maturité. N'oubliez pas que les bourses ont vu le jour dans des cafés, comme nous l'avons mentionné dans le premier épisode. Leurs activités ont grossi jusqu'à la création des marchés organisés et l'inauguration de gros édifices abritant les parquets. Puis, il y a eu les avancées technologiques. Je dirais qu'à partir de la fin des années 50 et jusqu'aux années 70, marquées par les changements technologiques, notre marché boursier n'a cessé de prendre de l'ampleur. À cette époque, la presse écrite et parlée a commencé à accorder de plus en plus d'importance aux finances et aux questions d'argent. Il était donc naturel que le public s'y intéresse davantage. Tout à coup, un flot de nouveaux investisseurs a déferlé sur notre marché boursier. Face à l'intérêt grandissant qu'ils ont suscité, les marchés boursiers – je veux dire les Bourses elles-mêmes – ont très, très bien réagi en améliorant leurs systèmes, leur information et leurs modes de communication avec le public. Et de nos jours, même certaines écoles permettent à leurs étudiants de découvrir le marché boursier, son fonctionnement, son rôle et comment y participer. Je crois que l'intérêt envers les marchés boursiers ne cesse de grandir depuis la fin des années 50 et que cette tendance se maintiendra encore.

Michael Seaton : Il y a peut-être des étudiants parmi nos auditeurs qui auront envie de faire leurs premiers pas dans le monde des placements. Quel sera l'effet du climat politique actuel et des événements qui surviennent à l'échelle mondiale sur le marché boursier canadien? Par exemple, comment notre marché a-t-il réagi après le 11 septembre? Et à la suite d'autres événements plus lointains, comme le passage à l'an 2000, la crise du pétrole dans les années 70 et même l'assassinat de JFK dans les années 60? Quel a été l'impact de tout cela sur les marchés boursiers?

Fred Ketchen : Chacun de ces événements a eu un effet important sur les marchés boursiers, ce qui, évidemment s'est répercuté sur les prix des actions. Une grande charge émotive entoure les marchés boursiers. Lorsque des événements comme ceux mentionnés plus tôt surviennent, l'émotivité des actionnaires atteint un point culminant. Les marchés et les émotions sont étroitement liés. Lorsqu'un sentiment négatif envahi l'ensemble des investisseurs, les valeurs boursières chutent inévitablement. Cette situation s'explique par le sentiment d'insécurité causé par les événements comme le 11 septembre ou la crise du pétrole. Je me rappelle lorsque John Kennedy a été assassiné que les marchés boursiers ont dû cesser leurs activités pendant une certaine période pour permettre aux gens de se remettre de leurs émotions. Habituellement, les gens réagissent à un événement de façon très négative, mais l'optimisme revient après un certain temps. Nous savons tous que la vie continue et que les choses finissent par rentrer dans l'ordre.

Michael Seaton : J'aimerais parler du fameux lundi noir survenu dans les années 80, un moment de grande déprime s'il en est un. Comment un événement du genre peut-il nous protéger de nos jours? Quelle leçon pouvons-nous tirer d'un tel revirement du marché?

Fred Ketchen : Je me souviens très bien de cette journée. De fait, je me rappelle que l'indice de la Bourse de Toronto a plongé d'environ 11,5 pour cent et que le Dow Jones a essuyé un recul deux fois plus important et ce, en une seule session. Diverses raisons expliquent cette dégringolade, notamment les sentiments des investisseurs et le contexte des taux d'intérêt. Dans un sens, c'était même prévisible. Par ailleurs, selon moi, les bourses ont mis en place des mécanismes visant à limiter les dégâts depuis cet événement. Advenant une baisse considérable du marché, la Bourse impose un arrêt des opérations pour une période d'une heure. Cette pause permet aux investisseurs de reprendre leurs esprits et de tempérer leurs émotions pour, souhaitons-le, attendre que la tempête soit passée. Et si à la reprise des activités, après la pause d'une heure, la dégringolade se poursuit – une perte de 500 points supplémentaires, par exemple ou un pourcentage important – les autorités interrompront les opérations à nouveau pour permettre aux investisseurs de se calmer. Vous savez, le gain journalier le plus important de l'histoire de notre marché a été enregistré deux jours après l'importante chute de cette fameuse journée. Il faut donc se rassurer. J'estime que nous sommes d'ailleurs beaucoup mieux préparés pour faire face à ce genre de situation et que nous sommes aussi beaucoup plus informés que nous ne l'étions à l'époque, même si cette époque n'est pas si lointaine.

Michael Seaton : Parlant d'information, et revirements de marché survenus au cours des 25 dernières années, quelle est la différence entre un marché haussier et un marché baissier? Comment reconnaître une phase haussière ou baissière?

Fred Ketchen : Un marché haussier désigne une période où les cours des actions évoluent à la hausse. Dans ce contexte, les gens s'attendent à ce que la valeur de l'ensemble du marché ou de certains titres en particulier augmente. Lorsque le marché progresse, on dit qu'il s'agit d'une phase haussière. Bien entendu, il ne peut pas toujours en être ainsi. Le marché baissier, comme son nom l'indique, désigne une période où les cours des actions évoluent à la baisse. Les gens s'attendent alors à ce que la valeur de l'ensemble du marché ou de certains titres en particulier chute. Lorsque le marché régresse, on dit qu'il s'agit d'une phase baissière. Tout cela dépend, évidemment, du degré de baisse par rapport au degré de hausse.

Michael Seaton : Le principe du verre à moitié plein ou à moitié vide.

Fred Ketchen : Exactement.

Michael Seaton : L'effondrement du secteur des compagnies point-com, en 2000-2001, a affecté un très grand nombre de personnes. Pourquoi les investisseurs se sont-ils jetés aveuglément sur les titres technologiques à cette époque? Était-ce une bulle boursière? Comment est-il possible d'identifier une bulle boursière lorsque la situation se présente?

Fred Ketchen : Évidemment, vous savez ce qu'est une bulle. Vous savez également à quel point elle est fragile. Il suffit de la toucher ou de l'effleurer avec une aiguille pour qu'elle éclate. Le même principe s'applique à une bulle boursière. Elle grossit d'elle-même jusqu'à ce qu'un élément déclencheur la fasse éclater. C'est exactement ce qui s'est passé avec la bulle techno en 2000-2001. Les gens se sont emballés face à la progression fulgurante des technologiques. Malheureusement, je possède encore des titres technologiques que j'ai achetés à l'époque et j'attends. Je devrai probablement attendre encore une centaine d'années avant que ces actions atteignent leur niveau d'avant. N'oubliez pas que des changements majeurs survenaient partout dans le monde. Dans les grandes villes, l'on procédait à l'installation de fibre optique afin d'améliorer les systèmes de communication, et les possibilités de la technologie nous dépassaient. Je crois qu'à mesure que la technologie progressait, un très, très grand nombre de gens ont commencé à croire que la technologie ferait progresser le monde jusqu'à un point impossible à imaginer. À certains égards, je suppose que c'était vrai. Or, cette progression ne pouvait pas toujours continuer au même rythme. Vous savez, une grande partie des câbles de fibre optique installés sous les artères principales des municipalités ne sert pas. Les gens se sont rués sur les actions des sociétés comme Nortel, JDS Uniphase ou autres sociétés spécialisées dans le domaine des fibres optiques, car ils ne voyaient que les possibilités infinies. Et bien, les rêves sont parfois bien différents de la réalité. Et dans ce cas-ci, la réalité a déçu biens des attentes. C'est pourquoi la bulle techno a fini par éclater, et que les gens qui avaient encore des positions à prix élevé dans ce secteur angoissent encore de nos jours.

Michael Seaton : C'est rassurant, pour moi et pour les auditeurs, de savoir que vous-même avez aussi subi les contrecoups de la bulle techno. Comment le marché boursier s'est-il comporté par la suite? Quand s'est-il ressaisi?

Fred Ketchen : Vous savez, les économies possèdent une vitalité intrinsèque, tout comme les marchés boursiers. Ils finissent toujours par se relever. Bien sûr, le secteur des technologies se trouve toujours dans un contexte de reprise à la suite de l'effondrement des titres technologiques. L'ensemble du marché a souffert de cette situation, mais il s'est ressaisi, même s'il aura fallu cinq ans avant d'atteindre les sommets enregistrés avant l'éclatement de la bulle techno. En examinant l'évolution des marchés boursiers, vous constaterez que peu importe le genre d'événement (culturel ou climatique, comme un ouragan ou une inondation) notre économie et nos marchés ont toujours su se redresser et il en sera toujours ainsi. Je crois que ce n'est qu'une question de temps. Une fois que nous sommes remis de nos émotions… lorsque nous sommes revenus les pieds sur terre, les cours commencent à remonter. J'espère seulement que nous ne traverserons pas une autre période aussi éprouvante avant très, très longtemps.

Michael Seaton : Espérons que cela ne se reproduira pas de sitôt.

Fred Ketchen : Je l'espère bien.

Michael Seaton : J'aimerais maintenant parler de la technologie et du «village global» ou de l'interconnexion entre toutes les régions du monde. De quelle façon les avancées technologiques ont-elles aidé les investisseurs?

Fred Ketchen : Les investisseurs ont accès à beaucoup plus de renseignements et beaucoup plus facilement qu'auparavant. Je crois que c'est le principal avantage. Ceux qui désirent faire leurs propres recherches peuvent trouver facilement et rapidement une foule de renseignements sur les sociétés cotées en Bourse. Par exemple, lorsqu'un événement survient, il n'est plus nécessaire d'attendre trois semaines pour recevoir des renseignements par la poste. Il suffit de quelques minutes pour visiter le site Web de la société visée et obtenir tous les détails ou encore, poser les questions qui vous préoccupent. La technologie a joué un rôle primordial quant à l'accessibilité de l'information. Une information non seulement accessible, mais exacte car elle est publiée par les gens concernés. J'estime que cela fait une grosse différence. Il ne faut pas passer sous silence le fait que la technologie a aussi eu pour effet d'accélérer la façon de faire ses opérations. Auparavant, il fallait téléphoner à son courtier pour passer un ordre d'achat et attendre au lendemain matin pour savoir si l'ordre avait été exécuté. Aujourd'hui, tout se fait instantanément.

Michael Seaton : J'aimerais vous poser une dernière question pour clore cette série de balados sur les marchés boursiers. Grâce aux ordinateurs et à l'avancement technologique, les particuliers peuvent maintenant effectuer leurs propres opérations boursières tout comme les professionnels. Croyez-vous que cela a contribué à rendre les marchés boursiers plus volatils et moins efficaces? Ou si, au contraire, la facilité d'accès pour un plus grand nombre d'investisseur permet d'obtenir une évaluation plus juste des valeurs boursières?

Fred Ketchen : Je dirais plus volatil, sans doute. De plus en plus de gens participent au marché. Leurs connaissances en la matière de même que leurs motivations diffèrent énormément. Les gens investissent en bourse pour diverses raisons, ce qui a pour effet d'accroître la volatilité du marché puisque le degré d'émotivité varie d'une personne à l'autre. Moins efficace? Je ne crois pas. En évaluant l'efficacité des marchés boursiers, il faut s'assurer que ceux-ci présentent une capacité d'absorption suffisante. Et plus la capacité d'absorption d'un marché est grande, moins celui-ci affichera de volatilité. Plus il y a de gens qui entrent sur le marché, plus les marchés s'élargissent, plus l'offre et la demande deviennent importantes et plus les ordres d'achat et de vente d'actions trouvent preneur. Qui plus est, dans le cadre d'un marché large, les ordres d'achat et de vente des gros investisseurs risquent moins d'entraîner le marché dans une direction ou dans l'autre. Comme je l'ai déjà mentionné, les marchés ont une plus grande capacité d'absorption, ce qui diminue leur volatilité. À long terme, nous y gagnerons tous, car plus les marchés seront efficaces, plus les gens seront intéressés à y investir leurs avoirs. En investissant en bourse, faites preuve de discernement, assurez-vous de comprendre les avantages et les inconvénients et appréciez la croissance, car je crois que l'efficacité de notre marché s'est grandement améliorée depuis une vingtaine d'années.

Michael Seaton : Voilà qui conclut notre série de balados sur les marchés boursiers. J'aimerais vous remercier, Fred, pour votre participation et vos précieux conseils à l'intention de nos auditeurs. Ce fut vraiment plaisant de vous recevoir à titre d'invité. Pour ceux qui ne le sauraient pas déjà, Fred Ketchen anime la série de balados Trouver l'argent, que vous trouverez sur le site banquescotia.com. J'aimerais également remercier nos auditeurs d’avoir été à l’écoute. Nous espérons vous retrouver prochainement pour notre prochain balado Le Clip financier qui vous est offert par la Banque Scotia.

Présentateur : Avez-vous des commentaires sur le balado d'aujourd'hui? Nous apprécierions beaucoup que vous participiez à nos échanges et que vous preniez part à la conversation. Faites-nous parvenir vos questions, vos commentaires ou vos conseils sur la gestion financière pour que nous puissions les aborder lors de prochains balados. Notre adresse de courriel est leclipfinancier@scotiabank.com et notre numéro de téléphone est le 1-866-652-5333. Le clip financier vous a été présenté par le bulletin MonCoffre de la Banque Scotia. Ne manquez pas la présentation de notre prochain balado.



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