Vos placements sont-ils bons pour vous? L'importance d'obtenir un deuxième avis.
Traduction de l'entrevue que Fred Ketchen a réalisé avec Ian Filderman
Fred Ketchen : Bonjour et bienvenue à notre tout premier balado Trouver l'argent. Je suis Fred Ketchen, directeur des opérations sur actions chez Scotia Capitaux. Au cours de cette série de balados mensuels, j'aurai l'occasion de m'entretenir avec des experts de la Banque Scotia qui vous prodigueront de judicieux conseils pour vous permettre de tirer le meilleur parti de vos finances personnelles. Nous discuterons également de stratégies qui vous aideront à aller de l'avant financièrement.
Ce balado traitera de l'importance de réévaluer périodiquement son portefeuille de placements – et même d'obtenir un deuxième avis. Nous aborderons les principes fondamentaux de la composition d'un portefeuille adéquat. Je suis en compagnie de M. Ian Filderman, directeur des fonds communs chez Placements Scotia Inc.
Ian, supposons que j'ai mis de l'argent de côté et que je veux commencer à bâtir mon portefeuille de placements. Comme je suis novice dans le domaine des placements, y a-t-il des choses importantes que je devrais savoir?
Ian Filderman : La première chose qui me vient à l'esprit, c'est qu'investir n'est pas un processus nécessairement complexe. Nombreux sont ceux qui ne font aucune démarche concrète pour commencer à investir, parce qu'ils se sentent intimidés, perdus et qu'ils ne savent pas par où commencer. Dans les faits, il suffit de suivre quelques étapes toutes simples pour réussir à bâtir un portefeuille de placements.
On peut vouloir épargner pour sa retraite, pour les études de ses enfants ou pour toute autre raison. Tout d'abord, il faut savoir que la différence entre les rendements de deux portefeuilles s'explique par un principe de base tout simple que l'on appelle la répartition de l'actif. Autrement dit, des portefeuilles dont la composition est différente donneront des résultats différents selon les cycles de marché.
Le fondement de la répartition de l'actif consiste à répartir ses placements entre des liquidités, des quasi-liquidités, comme des obligations ou des CPG, et des actions. Comme les rendements des différentes catégories de placements varient au cours d'un cycle de marché, une bonne répartition de l'actif permet de réduire le risque global inhérent au portefeuille. Ce principe facile à mettre en œuvre constitue un bon point de départ pour la majorité des investisseurs.
Un autre aspect important consiste à prendre le temps de faire le point sur sa situation actuelle. Prenez le temps de déterminer quels sont vos objectifs de placement. Évaluez aussi dans combien de temps vous aurez besoin de cet argent et dans quelle mesure vous êtes prêt à prendre des risques en vue d'obtenir un rendement plus élevé. C'est d'ailleurs le résultat de cette réflexion qui vous guidera dans le choix des placements pour votre portefeuille, qui déterminera la répartition de l'actif adéquate dont nous parlions plus tôt.
FK : Si je comprends bien, il est essentiel de savoir dès le début pourquoi j'investis mon argent?
IF : En effet, c'est vraiment le point de départ. Il faut savoir quel est le but à atteindre et combien de temps vous avez pour y parvenir. Il faut réfléchir à votre degré de tolérance face aux fluctuations des marchés et vous demander si vous êtes prêt à sacrifier la sécurité au profit de meilleurs rendements. Il ne faut surtout pas que volatilité de votre portefeuille vous empêche de dormir.
FK : C'est un bon point. Je présume qu'une fois mon portefeuille en place, je recevrai régulièrement de l'information sur la performance de mes placements. Comment puis-je savoir s'il est temps de revoir la composition de mon portefeuille? Qu'est-ce qui m'expliquera le rendement de mes placements?
IF : Voilà une excellente question. Le monde des placements devient de plus en plus sophistiqué. Il y a tellement d'options de placements disponibles qu'il devient difficile de s'y retrouver et de faire un choix éclairé.
Les fonds communs de placement avaient été créés pour simplifier la tâche des investisseurs. Or, il existe maintenant plus de fonds communs sur le marché qu'il y a d'actions inscrites à la Bourse de Toronto. En examinant l'ensemble de ses placements, on constate bien souvent qu'il s'agit d'une collection plutôt dépareillée. L'analogie suivante illustre bien mes propos. Supposons que vous publiez une annonce disant «Musiciens recherchés» en vue de former un quatuor de cordes, mais que quatre joueurs de tuba se présentent à votre porte. Vous ne pourriez évidemment pas former votre quatuor de cordes. Mais si vous aviez modifié votre annonce en indiquant clairement le genre de musiciens recherchés, après avoir réfléchi aux rôles de chacun, vous auriez pu réunir votre quatuor de cordes sans problème.
C'est la même chose lorsqu'il s'agit des placements. J'estime que vous devez savoir exactement ce que vous détenez en portefeuille et que chaque placement doit jouer un rôle particulier et compléter les autres placements du portefeuille. Si vous examinez vos relevés de compte de placements et que vous ne pouvez pas déterminer l'utilité de l'un ou l'autre de vos placements, il est peut-être temps d'obtenir un deuxième avis.
FK : Supposons que le portefeuille que j'ai constitué donne de bons résultats… très bons même, que sa valeur augmente constamment, devrais-je quand-même faire évaluer mon portefeuille par un expert?
IF : Il arrive que de bons rendements cachent tout de même certains problèmes. Les gens ont tendance à réévaluer leur portefeuille de placements en réaction à des événements négatifs. Or ça devrait être tout le contraire. Lorsqu'il est question d'équilibrer le risque et le rendement d'un portefeuille, il est beaucoup plus avantageux de procéder aux ajustements nécessaires, au besoin, lorsque tout va bien.
Je sais que cela est contraire à notre façon de penser. Cependant, lorsqu'un portefeuille dégage des rendements exceptionnels, cela pourrait indiquer que les placements les plus risqués du portefeuille obtiennent des résultats supérieurs, prenant ainsi de plus en plus d'importance par rapport à l'ensemble des placements.
Et c'est à ce moment qu'une évaluation du portefeuille s'impose. Devrait-on prendre une partie de ses profits? Rééquilibrer le portefeuille selon la répartition de l'actif initiale? Serait-il mieux de réduire le degré de risque inhérent au portefeuille pour qu'à long terme – dans cinq, dix, quinze ou vingt ans – la composition du portefeuille soit bien équilibrée, pour s'assurer de ne pas prendre trop de risque.
FK : Y a-t-il d'autres circonstances qui pourraient nécessiter une révision de mon portefeuille? Je suppose que si des changements importants surviennent dans ma vie, ceux-ci auront un effet sur mon plan d'investissement.
IF : Bien sûr. Les événements marquants de notre vie, notamment un mariage et la naissance d'un enfant, auront une incidence sur nos besoins en matière de placement. Ces événements pourraient modifier, par exemple, le degré de risque que l'on peut assumer et l'horizon de placement prévu initialement.
Tout cela influencera la composition – la répartition de l'actif – de notre portefeuille de placements. Je crois que chaque fois qu'un événement important survient, il faut prendre le temps de réévaluer notre portefeuille. Il se peut qu'aucun changement ne soit requis. Mais, il est important de vérifier si les placements du portefeuille demeurent adéquats. Ce sera aussi l'occasion de faire le point sur notre situation actuelle par rapport à aux objectifs que nous nous étions fixés.
FK : Est-ce que l'efficacité de ces examens périodiques a été prouvée?
IF : La preuve est on ne peut plus claire. De nombreux spécialistes ont étudié le fonctionnement du rééquilibrage des portefeuilles et ses effets bénéfiques pour les investisseurs. Permettez-moi de vous donner un exemple très simple en expliquant ce que nous avons fait à la Banque Scotia.
Nous avons bâti un portefeuille composé de 60 % d'actions canadiennes et de 40 % d'obligations canadiennes. Nous avons suivi le rendement de ce portefeuille en n'apportant aucun changement à sa composition durant une période de trois ans. Nous avons comparé le rendement obtenu à celui que nous aurions pu obtenir en rééquilibrant la composition du portefeuille chaque mois. Bien sûr, ce n'est qu'un exemple qui ne correspond pas à la réalité de la majorité des investisseurs.
Nous avons ensuite déterminé quel aurait été le résultat si, en plus de rééquilibrer le portefeuille chaque mois, nous avions rétabli la répartition de l'actif initiale du portefeuille, selon nos objectifs à long terme, à chaque date anniversaire. La conclusion s'est révélée des plus intéressantes. Dans ce cas précis – bien que ce ne soit pas toujours ainsi – le portefeuille rééquilibré périodiquement a donné de bien meilleurs résultats que celui qui est demeuré tel quel durant toute la période.
Qui plus est, le degré de risque et la volatilité des portefeuilles rééquilibrés, mensuellement et annuellement, étaient moins élevés que pour l'autre portefeuille laissé tel quel pendant les trois années.
Je crois vraiment que c'est la clé du succès. Et c'est une démarche très simple pour la majorité des investisseurs. Il suffit de prendre rendez-vous une fois par année pour faire évaluer leur portefeuille, comme on prend rendez-vous chez son médecin ou chez son dentiste pour un examen de routine. C'est exactement le même principe qui s'applique pour les placements. Et c'est moins désagréable, bien au contraire. Cette évaluation annuelle permettra de réduire le risque et la volatilité du portefeuille, ce qui aidera tout investisseur à tirer profit de ses placements au fil du temps.
FK : On constate facilement que l'on gagne à procéder à un examen et à un rajustement de son portefeuille. N'est-ce pas là une démarche complexe et compliquée pour un investisseur?
IF : De nombreux investisseurs prennent le temps d'effectuer cette évaluation eux-mêmes. Pour ce faire, ils font des recherches sur les placements qu'ils détiennent et ils utilisent les outils et les renseignements à leur disposition, que ce soit dans Internet ou dans la presse écrite.
Or, la majorité des Canadiens n'ont pas le temps ou l'intérêt de se lancer dans un processus aussi fastidieux. Heureusement, il n'est pas nécessaire que les choses soient si compliquées. Cela peut être aussi simple que de prendre rendez-vous avec un bon planificateur financier. En examinant vos plus récents relevés de comptes de placements, il fera tout le travail à votre place.
Les planificateurs financiers devraient avoir accès à la documentation et aux outils nécessaires pour déterminer si votre portefeuille constitue un assemblage disparate de placements ou s'il ressemble davantage à un «quatuor de cordes harmonieux». Je le répète… le processus ne doit pas être compliqué. Vous ne devriez pas vous sentir intimidé. L'aide dont vous avez besoin est à votre portée. Il suffit de trouver un bon planificateur financier, avec qui vous êtes à l'aise, qui saura vous donner un deuxième avis.
FK : Voilà de judicieux conseils. Merci, Ian, d'avoir partagé avec nos auditeurs vos conseils avisés sur l'importance d'obtenir un deuxième avis sur son portefeuille de placements. Nous espérons que vous comprenez mieux les avantages que procure un examen périodique de son portefeuille et l'utilité d'un deuxième avis, si nécessaire. Nous espérons que cette information vous sera utile.
Ici Fred Ketchen qui vous invite à ne pas manquer notre prochain balado sur l'importance d'épargner en vue de financer les études post-secondaires de ses enfants. Nous examinerons les tenants et aboutissants des régimes enregistrés d'épargne-études. Pour de plus amples renseignements, n'hésitez pas à passer à la succursale Scotia la plus près. Nous serons heureux de vous rencontrer.
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