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La Banque Scotia est la meilleure banque canadienne à vocation internationale. Notre réussite est notamment attribuable à une solide direction d’entreprise. Thomas Fyshe, H.C. McLeod, H.A. Richardson et Sir George Burn comptent parmi les hauts dirigeants qui ont bâti cette grande banque et nous en ont confié la charge.
Thomas Fyshe
Thomas Fyshe, caissier (directeur général) de la Banque Scotia, 1876 – 1897.
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Thomas Fyshe est sans doute le personnage le plus coloré qui ait dirigé La Banque de Nouvelle-Écosse. Doté d’une forte personnalité et d’un humour décapant, Thomas Fyshe était connu pour le style piquant et direct de sa correspondance, comme en témoigne ce message envoyé à un collègue en poste à Kingston, Jamaïque : «Les affaires sont calmes. L’argent coule à flots. La Bourse varie à peine. Le temps est superbe. Votre chien est mort – empoisonné.»
De 1876 à 1897, Thomas Fyshe a été caissier (terme utilisé à l’époque pour décrire le poste de directeur général) de la Banque Scotia. Sa nomination a été soulignée par une déclaration à l’effet que «la Banque avait maintenant à ses commandes un homme dont la force de caractère et le talent à l’état pur en feraient l’un des plus importants banquiers de l’histoire canadienne.»
Pendant les 21 années du mandat de Thomas Fysher, les provinces maritimes ont connu une période difficile sur le plan économique. Néanmoins, là où d’autres banques ont échoué, la Banque Scotia a prospéré. Sous la direction attentive de Thomas Fysher, la banque maritime régionale qu’était la Banque Scotia est devenue l’organisation internationale qu’elle est aujourd’hui.
Sous la direction de Thomas Fyshe, la Banque Scotia a notamment :
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étendu ses activités à l’Île-du-Prince-Édouard, où elle a ouvert une succursale à Charlottetown en 1882, puis confirmé sa présence en fusionnant avec la Union Bank of Prince Edward Island en 1883;
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ouvert des succursales à Winnipeg (1882), à Minneapolis (1885), à Chicago (1892), à Montréal (1888), en Jamaïque (1889) et à Terre-Neuve (1894);
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porté de 9 à 32 le nombre des succursales de la Banque Scotia, presque triplé la valeur des capitaux propres, de même que porté l’actif total de la Banque de 3,5 millions de dollars à 15,1 millions de dollars, le tout de 1876 jusqu’à 1897.
Démontrant un esprit innovateur, Thomas Fyshe a mis de l’avant l’un des premiers régimes de retraite pour les employés en Amérique du Nord.
Thomas Fyshe était un homme d’action et rien n’illustre aussi bien cette réalité que son sauvetage de la noyage d’un enfant à Minneapolis, tel que rapporté par le Minneapolis Times :
«Tout à coup, M. Fyshe a bondi de la calèche, plongé dans l’eau et nagé à toute allure pour aller rejoindre l’enfant. La petite tête est sortie de l’eau au moment même où il est arrivé. L’homme a agrippé l’enfant et est reparti vers la rive en le traînant, sous les hourras de la foule. S’il était intervenu un instant plus tard, le garçon n’aurait pas pu être sauvé.
On ne peut réaliser l’étendue de cet exploit sans tenir compte de la violence du courant, de la proximité des chutes et du fait que M. Fyshe avait plongé à l’eau en costume de ville, avec ses chaussures de marche. Il avait un cigare allumé dans la bouche et un haut-de-forme sur la tête en sautant à l’eau, et il a nagé si vite et si bien que ni son cigare ne s’est éteint, ni son chapeau n’a bougé.»
Thomas Fyshe a épousé Avis Leonowens, fille de Anna Leonowens – la célèbre Anna du roman porté à l’écran Anna et le roi de Siam et de la comédie musicale Le Roi et moi. Anna Leonowens, elle-même dotée d’une forte personnalité, vouait de l’admiration pour l’étonnant M. Fyshe et a vécu heureuse dans la résidence des Fyshe.
H.C. McLeod
H.C. McLeod, directeur général de la Banque Scotia (directeur général), 1897 – 1910.
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Henry Collingwood McLeod, mieux connu sous le nom de H.C. par ses collègues, a succédé à Thomas Fyshe à la barre de la Banque Scotia en 1897. Dans sa vie privée, H.C. McLeod était vénéré pour ses prouesses en yachting. En 1899, son voilier le Minota a été concurrent de la Canada Cup, un accomplissement qui lui a valu d’être membre à vie du Royal Canadian Yacht Club (RCYC).
En 1900, à bord du Gloria, il a navigué de Halifax jusqu’à Toronto. Par la suite, le Royal Canadian Yacht Club n’a plus permis à ce voilier de participer aux compétitions parce qu’il était trop rapide. En 1909, un autre voilier de H.C. McLeod, l’Amorita, a gagné une course s’effectuant de New York aux Bermudes.
H.C. McLeod était également habitué d’être un meneur dans sa vie professionnelle. Lorsque Thomas Fyshe a décidé que la Banque Scotia allait pénétrer le marché américain, il a choisi H.C. McLeod pour implanter une succursale à Minneapolis en 1885, puis à Chicago en 1892. Lorsque H.C. McLeod a succédé à Thomas Fyshe en 1897, il a poursuivi le plan d’expansion de son prédécesseur. Sous sa gouverne, la Banque Scotia a étendu ses activités dans l’Ouest en s’installant à Edmonton en 1903, puis à Vancouver et à Calgary en 1904 et à Saskatoon et à Regina en 1906. La Banque a également ouvert ses portes dans le Sud à Cuba et à Trinidad et Tobago en 1906, de même qu’inauguré cinq nouveaux emplacements en Jamaïque de 1906 à 1908. L’Est du Canada ne fut pas négligé pour autant, la Banque élargissant beaucoup son champ d’activités en Nouvelle-Écosse, au Nouveau-Brunswick, au Québec et en Ontario.
Sa décision la plus important a cependant été de reconnaître que Toronto allait devenir la capitale des finances de la jeune nation et d’y ouvrir une succursale. Trois ans plus tard, H.C. McLeod a déménagé le personnel des services administratifs de la Banque Scotia à Toronto.
H.C. McLeod a également respecté l’esprit d’innovation insufflé par Thomas Fyshe à la Banque par ses efforts pour réformer les pratiques bancaires. Sa première grande réalisation a été de mettre en place le Unit System of Work, première analyse des coûts effectuée par une banque canadienne. Puis en 1906, la Banque Scotia est devenue la première banque canadienne à faire vérifier ses comptes par un cabinet indépendant.
La campagne menée par H.C. McLeod relativement à la vérification externe des banques a été inspirée par les faillites de neuf grandes banques canadiennes de 1895 à 1910. À l’époque, les vues de H.C. McLeod se détachaient de celles de ses collègues d’autres banques, de même que de l’opinion des politiciens à Ottawa. Néanmoins, sa campagne a été couronnée de succès puisque sa vision a été la pierre angulaire de la modification de la Loi sur les banques en 1923.
H.A. Richardson
Thomas Fyshe et H.C. McLeod ont fourni des bases solides à la Banque Scotia au Canada, aux États-Unis et dans les Antilles. Cependant, c’est le successeur de H.C. McLeod, H.A. Richardson, qui a le plus contribué à faire de la Banque Scotia une institution nationale bénéficiant d’une vaste portée internationale.
H.A. Richardson, directeur général de la Banque Scotia de 1910 à 1923, assis sur le marchepied.
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Lorsque H.A. Richardson a été nommé directeur général de la Banque Scotia en 1910, il a vite compris que celle-ci, comme toutes les banques au Canada, se devait de prendre de l’expansion pour survivre dans ce pays à la croissance rapide et à l’économie de plus en plus diversifiée. Cependant, les locaux adéquats dans les régions reculées n’étaient disponibles qu’à un prix prohibitif ou n’existaient tout simplement pas et il était très difficile de trouver le personnel qualifié.
Très sociable et communicatif, de même que démontrant beaucoup de ténacité, H.A. Richardson a choisi la voie de la négociation pour assurer la survie de la Banque Scotia. Durant son mandat de directeur général à la Banque Scotia (1910 – 1923), H.A. Richardson a été le négociateur d’importants accords de fusion avec trois banques : celui de 1913 avec The Bank of New Brunswick, première banque à charte du Canada établie en 1820; celui de 1914 avec The Metropolitan Bank, établie en 1902; et celui de 1919 avec The Bank of Ottawa, qui avait vu le jour dans la vallée de l’Outaouais en 1874 et ensuite étendu ses activités jusqu’à l’océan Pacifique.
La croissance record de la Banque Scotia durant les 13 années où H.A. Richardson a été à la direction est vraiment remarquable :
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l’actif total est passé de 53,5 millions de dollars à 227,8 millions de dollars;
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le nombre total de succursales est passé de 97 à 306 succursales, faisant ainsi de la Banque Scotia la quatrième plus importante institution financière au Canada;
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10 nouvelles succursales ont ouvert leurs portes à Terre-Neuve;
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4 nouvelles succursales ont ouvert leurs portes dans les Antilles britanniques;
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3 nouvelles succursales ont ouvert leurs portes en République dominicaine;
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2 nouvelles succursales ont ouvert leurs portes à Puerto Rico;
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2 nouvelles succursales ont ouvert leurs portes à Cuba;
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un bureau a été établi à Londres.
Sir George Burn
Sir George Burn, directeur général de The Bank of Ottawa, 1880 – 1917
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Lorsque la Banque Scotia a fusionné avec The Bank of Ottawa en 1919, elle a acquis 300 nouvelles succursales (les deux banques ne visant la même clientèle que dans 11 régions). Le responsable du développement de ce réseau s’étendant de la vallée de l’Outaouais jusqu’à l’océan Pacifique a été Sir George Burn.
Sir George Burn a occupé le poste de directeur général de The Bank of Ottawa à partir de 1880 jusqu’à 1917. En d’autres mots, il a dirigé cette banque durant toutes les années où elle a existé, sauf pour les six premières et les deux dernières années.
The Bank of Ottawa a été fondée par des personnes oeuvrant dans l’industrie du bois de la vallée de l’Outaouais et qui ont choisi Sir George Burn, un banquier de carrière, pour la diriger. Né en Écosse, Sir George Burn est arrivé au Canada en 1866 et a œuvré à la Royal Canadian Bank et à la Exchange Bank avant d’entrer au service de The Bank of Ottawa. Banquier des plus intelligents, il s’est distingué lors de sa participation au comité central du Fonds patriotique canadien et a relevé le lourd défi d’occuper le poste de président de l’Association des banquiers canadiens (ABC) durant la Première Guerre mondiale.
Ces deux responsabilités étaient liées parce qu’en l’absence d’une banque centrale, le président de l’Association des banquiers canadiens a dû agir à titre d’intermédiaire entre les banques à charte et le gouvernement fédéral durant la guerre. Sir George Burn a été fait chevalier en 1917 pour souligner les services qu’il a rendus à son pays d’adoption. Sir George et sa famille ont également joué un rôle majeur pour le bénéfice de diverses organisations communautaires à Ottawa.
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