Transcription, série de formations 2013

Malcolm Burrows et Ed Calicchia soulignent les principaux problèmes auxquels se heurtent les fondations de nos jours.

Ed Calicchia : Bienvenue à la série de formations de Gestion d’actifs Scotia sur les œuvres de bienfaisance et les fondations, qui vous montre comment mettre votre portefeuille de placements au service de votre action caritative. Je suis Ed Calicchia, gestionnaire de portefeuille et premier directeur du Groupe Portefeuilles institutionnels de Gestion d’actifs Scotia, et voici Malcolm Burrows, chef des Services-conseils philanthropiques de Trust Scotia. Malcolm est planificateur philanthropique et dirige la plus grande société dédiée aux fondations privées au pays. Il s’est joint à la Banque Scotia en 2004 après avoir travaillé 13 ans auprès de trois œuvres de bienfaisance de Toronto.

Malcolm est un conférencier et un auteur actif dans le secteur de la bienfaisance, et on le cite souvent dans les médias. Merci d’être ici aujourd’hui, Malcolm.


Malcolm Burrows : Tout le plaisir est pour moi, Ed.


Ed Calicchia : Aujourd’hui, nous parlerons des problèmes touchant les œuvres de bienfaisance de nos jours. Malcolm, pourriez-vous nous expliquer comment le paysage caritatif a évolué au cours des 20 dernières années?


Malcolm Burrows : Ce qui a beaucoup changé, Ed, ce sont les fondations elles-mêmes : leur nombre a triplé au Canada depuis 20 ans. Les pratiques de gestion se sont transformées elles aussi. Avant, on pouvait compter sur des revenus fixes pour obtenir les fonds dont on avait besoin chaque année. Aujourd’hui, la tendance est presque exclusivement aux fonds équilibrés et aux revenus globaux d’investissement.

Sans compter que plusieurs questions juridiques et de gouvernance ont beaucoup évolué. La raison? Une plus grande transparence, due, disons-le franchement, à Internet et aux déclarations à l’Agence du revenu du Canada. Aujourd’hui, on trouve sur la Toile une énorme quantité d’information sur les œuvres de bienfaisance. Les donateurs et les médias s’y fient de plus en plus, et on s’attend plus que jamais à ce que ces œuvres rendent des comptes à leurs partenaires. Les donateurs posent des questions beaucoup plus pointues sur tout ce que les œuvres font, y compris sur leurs placements.

L’évolution de l’environnement est le fondement, donc, des nouvelles pratiques relatives à la gestion des placements et des fondations. C’est devenu bien plus compliqué d’investir, mais il faut aussi tenir ses partenaires informés.


Ed Calicchia : Malcolm, quels problèmes touchent actuellement les œuvres de bienfaisance?


Malcolm Burrows : Gérer une œuvre de bienfaisance de nos jours est sûrement plus complexe que jamais. On nous impose des obligations d’information et des exigences juridiques, on nous demande de plus en plus de rendre des comptes au public, et dans bien des cas, beaucoup plus d’argent est en jeu. En réponse à ces difficultés, la plupart des œuvres renforcent leurs mécanismes de gouvernance. Et n’oublions pas que les œuvres de bienfaisance doivent respecter le contingent des versements prévu par la Loi de l’impôt sur le revenu du Canada.

En vertu de cette loi, elles doivent dépenser au moins 3,5 % de leur solde des capitaux moyen des deux dernières années dans le cadre d’activités de bienfaisance. Ce pourcentage est peut-être le plus bas dans l’histoire du Canada, mais vu le contexte de placement actuel, ce n’est pas chose simple de le maintenir, particulièrement quand on a un portefeuille à revenu fixe. Il faut donc arriver à établir un portefeuille, un énoncé de politique de placement, permettant de maintenir son rendement année après année et de le suivre comme il se doit.

On remarque aussi que la phobie des risques est toujours aussi présente qu’en 2008. Parce qu’ils ont peur de perdre le contrôle côté finances, beaucoup de conseils se montrent très prudents et réticents aux risques dans leurs pratiques de placement. Et l’aversion pour le risque ne s’apparente souvent en rien à la gestion du risque. Un solide énoncé de politique de placement et une adhésion de la part de l’organisation changent vraiment la façon d’investir et d’obtenir les ressources dont on a besoin.


Ed Calicchia : Et Malcolm, en quoi une politique de placement bien bâtie est-elle utile en ce sens?


Malcolm Burrows : Un énoncé de politique de placement est un outil clé pour gérer le risque. Il expose clairement les objectifs, les paramètres du risque, la composition de l’actif et la mission de la fondation. C’est un outil de communication, mais aussi un outil de suivi et de surveillance. De nos jours, les fondations et les œuvres de bienfaisance ne peuvent pas s’en passer, puisque cet outil leur assure que les risques sont atténués et que leurs objectifs de rendement à long terme sont atteints à la fois sur le plan du revenu annuel et sur celui de la plus-value en capital à long terme.


Ed Calicchia : Malcolm, merci de votre présence. Au plaisir de vous reparler!

Joignez-vous à nous le 27 novembre pour une webémission interactive où Malcolm et un groupe d’experts examineront plus en détail certains des sujets abordés aujourd’hui et répondront à vos questions. Pour en savoir plus, visitez notre site Web ou consultez votre représentant de la Banque Scotia. Merci!